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Le chèque, un moyen de paiement toujours d’actualité

Régulièrement annoncée depuis plusieurs décennies, la mort du chèque n’a pas eu lieu. S’il est vrai que son utilisation régresse de manière continue, les Français restent fortement attachés à ce mode de paiement. Usages, atouts, fraudes, perspectives… Le point avec Jean-Michel Chanavas, délégué général de Mercatel, un think tank spécialisé dans les enjeux technologiques du commerce de détail.

chèques
Michel Chanavas, délégué général de Mercatel
Michel Chanavas, délégué général de Mercatel

Alors même que les Européens partagent une monnaie commune depuis 2002, les cultures de paiement continuent de fortement différer entre les pays. Si l’usage de la carte bancaire progresse partout, les différences de pratiques entre Etats restent significatives – avec par exemple une forte utilisation des espèces en Allemagne et en Autriche, mais une prédominance de l’usage de la carte en Suède et au Danemark.  

Plus d’1,6 milliard de chèques émis en France sur un an

Quant à la France, elle est l’un des derniers pays au monde où le chèque continue d’occuper une place de choix. Selon le rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSCP) de septembre 2020, 1,6 milliard de chèques ont été émis en 2019, soit une baisse de 9%, pour un montant global de 814 milliards d’euros. Par comparaison, les paiements directement par mobile ne représentaient sur la même période un volume que de 150 millions de paiements, soit à peine plus de 2% des transactions sans contact. « La tendance observée sur le chèque est assez stable, avec une diminution annuelle comprise entre 8 et 10% sur un volume global toujours très significatif », précise Jean-Michel Chanavas. Cette baisse devrait toutefois s’accroitre sur l’année 2021, la situation sanitaire provoquant l’explosion des ventes à distance comme des paiements sans contact, notamment par carte.

Pour autant, « les consommateurs sont très conservateurs en matière de paiement, remarque le spécialiste. Les études font ainsi clairement apparaître que plus on est âgé, plus on a tendance à utiliser le chèque ». Mais la résistance du chèque ne saurait s’expliquer que par la force de l’habitude. Le mode de paiement présente une série d’atouts bien réels à faire valoir, au premier rang desquels sa gratuité, pour celui qui paie comme celui qui est payé – une différence notable avec la carte bancaire. Le chèque est également privilégié pour un certain nombre de paiements spécifiques, à destination des artisans, associations, services proposés par les communes, mais aussi dans les commerces de détail (par exemple pour des achats d’ameublement de cuisine) ou des règlements inter-entreprises. Un succès sur des montants élevés qui s’explique notamment par le fait que c’est l’un des rares moyens de paiement qui ne dispose pas de plafond. Autre pratique encore répandue : le N-Chèque, soit l’échelonnement du paiement par la remise de plusieurs chèques.

Fraudes et innovation, deux défis de taille

Les spécificités du chèque sont nombreuses.Comme les billets de banque, sa fabrication est fortement encadrée par la Banque de France. Une fois remis à leur destinataire, les chèques sont traités automatiquement par des acteurs spécialisés tels que Tessi. La numérisation et la normalisation de la bande CMC7 permettent de déterminer l’identité du bénéficiaire. Les versements peuvent ainsi être opérés sans nécessiter, comme par le passé, l’échange physique des chèques entre les établissements bancaires. Si le chèque finira par revenir physiquement à la banque de l’émetteur, cette étape est dissociée de son traitement comptable.

Mais l’actualité du chèque, c’est surtout une réalité préoccupante mise en avant par le rapport 2020 de l’OSCP : l’augmentation de 20% sur un an des montants détournés, pour un total de 539 millions d’euros. « L’ennemie de la fraude sur le chèque est Internet, avec la diffusion de pratiques malveillantes sur le Dark Web notamment, mais également la perte de compétences liée à l’évolution générationnelle », explique Jean-Michel Chanavas. L’expert répertorie trois types de fraudes principales : l’encaissement de chèques perdus ou volés via l’utilisation de fausses pièces d’identité voire le recrutement d’un tiers, la falsification par nom ou montant de chèques émis, et l’usage de faux chèques. Face aux risques, la Banque de France a récemment remis en place un groupe de travail avec pour mission de travailler à la réduction des fraudes. Parmi les priorités : améliorer l’information des utilisateurs et des commerçants, mais aussi perfectionner le processus de fabrication, les dispositifs d’impression, l’acheminement ou encore les déclarations de vol.

A terme, de nouvelles solutions pourraient voir le jour, avec par exemple la possibilité pour un commerçant d’être crédité directement après une simple lecture du chèque. « De même, tout un ensemble de services est en train de se développer autour du virement instantané et de la requête de paiements, la possibilité pour le bénéficiaire d’initier le paiement par le payeur », souligne Jean-Michel Chanavas. Dans ces conditions, le chèque est-il condamné à court terme ? « S’il peut évoluer, personne ne veut tuer le chèque. Les représentants des consommateurs notamment sont très présents sur le sujet : ils tiennent à défendre ses grandes forces, qui sont sa gratuité et son accessibilité ».


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